Intervention sur la casse de l’hôpital public.

9 Juin 2020

Alors que depuis le début de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays, les yeux sont rivés vers l’hôpital public qui a vu des patients toujours plus nombreux passer ses portes et ses services de réanimation saturer, les réponses apportées aux revendications des personnels soignants et aux dysfonctionnements de notre système de soins sont toujours bien insuffisantes.

C’est pourquoi notre groupe parlementaire Libertés et Territoires est bien décidé à relayer leurs doléances et à faire des propositions pour rompre avec cette austérité imposée à notre système de santé depuis des années.

C’est dans ce contexte que j’ai pris la parole le mardi dernier dans l’Hémicycle pour réclamer au nom de notre groupe de réelles réponses aux sollicitations des soignants.

Le « Ségur » de la santé qui s’est tout juste ouvert, doit déboucher sur un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières. Voilà la promesse que le président de la République a tenue en mars dernier, et nous ne manquerons pas de lui rappeler.

Car ces dernières années, les constats sont pourtant répétés sur les limites de notre système de santé, avec une désertification médicale qui s’accentue, un hôpital public à bout de souffle, et des services d’urgences plus que saturés.

Depuis le début du quinquennat, la question du financement des hôpitaux n’a pas connu d’amélioration.
Or les déficits des hôpitaux publics ont atteint 620 millions d’euros en 2018. Ils ont besoin d’investissements, de ressources, de visibilité pluriannuelle…

Aucun moyen conséquent n’a été consacré à notre système de santé en souffrance : les 750 millions d’euros annoncés lors du pacte de refondation des urgences en septembre ne sont que des redéploiements de crédits existants.

La reprise de la dette hospitalière annoncée en novembre 2019 à hauteur de 10 milliards d’euros en 3 ans n’est toujours pas actée, et elle sera bien insuffisante tant les finances des établissements publics sont exsangues.

Ce sont des fruits d’une politique poursuivie depuis de nombreuses années et qui a conduit à faire prévaloir des logiques de restrictions budgétaires dans les établissements de santé, et à n’adopter qu’une grille de lecture comptable quand bien même il s’agit d’un service public vital.

Il faut écouter et répondre à nos hôpitaux, dont le fonctionnement et la sécurité sont menacés par des déficits toujours plus lourds, à nos urgences toujours plus saturées et personnel épuisé.

Il faut en finir avec le concept d’« hôpital-entreprise », où l’équilibre budgétaire est l’élément de pilotage de l’hôpital, et la qualité du soin une variable d’ajustement.

Il est temps de procéder à une refonte des modalités de gouvernance et à remettre du sens dans le travail hospitalier.

Cela doit passer par la mise en place d’une véritable démocratie sanitaire, basée sur l’écoute des soignants, des étudiants et des usagers, et la fin d’une vision administrative et centralisée du système de soins.

Il est enfin plus qu’urgent de donner de vrais moyens aux hôpitaux, et d’investir massivement dans leur modernisation, avec une priorité : la revalorisation de toutes les carrières.

Notre pays qui se targue d’avoir un système de santé aussi performant ne peut accepter plus longtemps que ceux qui nous soignent soient si mal rémunérés.

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