J’ai écouté les explications de Monsieur le Premier ministre sur la réforme des retraites. Il s’est livré à un exercice habile : fracturer le mouvement qui s’interroge sur le bien-fondé de ce projet. Les simulacres de concertation à répétition, l’étrange jeu du chat et de la souris engagé avec les syndicats sont-ils à la hauteur de ce que l’on attend d’un gouvernement en pareilles circonstances ? A défaut d’un projet clairement écrit et expliqué, que savons-nous réellement ce soir de l’avenir de notre retraite ?

Personnellement, je refuse d’apparaître aux yeux de l’Histoire comme le représentant d’une génération « chanceuse » (née avant 1975), et par conséquent épargné par cette réforme. Je veux savoir quel est le sort qui sera réellement réservé à nos enfants et petits-enfants. Je crains que leurs seuls et véritables interlocuteurs ne soient les sinistres fonds de pensions américains. Ils sont déjà bien présents sur la place et se font actuellement de moins en moins discrets. Cette capitalisation déguisée d’une des institutions dont nous sommes les plus fiers ne serait pas uniquement une faute politique.

C’est une trahison à l’égard des valeurs qui sont les nôtres et au détriment de l’avenir de nos enfants et petits-enfants. J’invite tous ceux qui ne se sont pas encore penchés sur cette question essentielle de notre temps à bien vouloir le faire d’urgence.

Résistons !