Jean-Marcel Brulé, Relais départemental d’Alsace
Médecin retraité.

Adhérent du Modem depuis 2007, vice-président départemental puis conseiller régional du mouvement, je l’ai quitté en 2017 en désaccord avec son évolution Politique lors de la présidentielle.

En 2013, du fait de mes fonctions, j’ai été sollicité pendant la Marche de Jean Lassalle pour organiser son passage à Strasbourg. Il devait avoir lieu pendant une semaine de Parlement Européen, il n’existait donc plus d’hébergement accessible à pied dans la région de Strasbourg.

J’ai eu le plaisir d’accueillir Jean et ses accompagnateurs à la maison pendant quatre jours. Nous avons eu le temps d’apprendre à nous connaître.

Le départ de Jean Lassalle du Modem, en août 2016, a pour moi été un déclic et j’ai quitté le mouvement peu après, alors que j’étais encore Conseiller National. J’étais en pleine transition Politique et je l’avoue un peu perdu. J’étais en fait extrêmement déçu par le chemin que prenait le Modem : il s’éloignait à grands pas de l’idéal qui avait créé le mouvement en 2007.

La marche de Jean, allant à la rencontre de nos concitoyens, m’a rappelé le sens de mon engagement.

Le Modem devenait une écurie de candidats pour les élections et les idées que nous défendions devenaient secondaires si elles risquaient de nuire à l’efficacité électorale, il existait de moins en moins de débats et la ligne Politique nous était imposée. Cela ne correspondait plus au sens de mon engagement. Puis sont arrivées les élections régionales de 2015.

La trahison de certains se faisant les chantres d’une méga-région Grand Est pour se faire élire, alors qu’ils défendaient l’Alsace, région à taille humaine, peu de temps auparavant, a fini de m’éloigner du Modem régional non consulté et obligé de se soumettre à des ordres venus de caciques souvent opportunistes.

Orphelin de parti je me suis alors vite retrouvé à participer à des clubs de réflexion pour la sortie de l’Alsace de la méga-région Grand Est que nous considérions sans âme et sans histoire partagée. Je participais également aux réunions de la « Marche Citoyenne » et mon expérience récente me faisait hésiter à faire évoluer ce mouvement Citoyen vers un parti Politique. J’étais en même temps très impliqué à Strasbourg institutionnellement dans la vie Citoyenne avec les “Conseils de Quartier” et individuellement dans une démarche de construction d’un Pacte de Démocratie locale. Celui-ci a finalement été voté en avril 2018 par le Conseil Municipal et, devenu opposable, il donne plus de poids à la voix du Citoyen.

L’élection présidentielle arrivant et décidé à y participer, Jean Lassalle demande à la “Marche Citoyenne” son accord et son soutien. En effet, pour que sa candidature à la présidence soit prise en compte, il doit obtenir 500 signatures de personnalités habilitées (députés, maires, conseillers…) répartis dans au moins 30 départements, sans que dans un département le chiffre puisse dépasser 50. Cette démarche demande un travail considérable qui a mobilisé certains d’entre nous. Je n’ai pas pu y consacrer le temps nécessaire et je n’ai recueilli que deux parrainages. La candidature à la présidentielle, malgré tous les efforts déployés, n’a pas obtenu le soutien escompté.

Aujourd’hui le mouvement Résistons!, issu en partie de la “Marche Citoyenne” et créé en vue de la présidentielle, commence à se structurer. Le débat d’idées reste prioritaire, le recueil de la parole citoyenne garde une bonne place. L’humain est au cœur de nos réflexions dans des territoires adaptés qu’il nous faut sauvegarder pour permettre aux échanges de se dérouler naturellement. Le désir de fonder un nouveau système plus approprié à notre temps et aux contraintes écologiques, m’a motivé et j’ai accepté de devenir un Relais départemental.

Défenseurs de l’Alsace comme région à part entière et non fondue dans une méga-région sans âme, nous nous battons sur un terrain Politique miné.

Pour cela il est obligatoire d’apprendre à connaître les méthodes utilisées par nos adversaires.

L’expérience et la sagesse de Jean nous ont été bien utiles pendant la discussion sur la Collectivité Européenne d’Alsace. Il a accepté de porter notre voix et nos remarques sur cet OPNI (Objet Politique Non Identifié). Le gouvernement nous l’impose et espère pouvoir assouvir un « désir d’Alsace », alors que la revendication est autre : elle remet en cause la loi de régionalisation et la loi NOTRe, recentralisation déguisée éloignant le pouvoir de décision du Citoyen.

Un mouvement Politique peut nous aider et, tout en reconnaissant que la haine de nos concitoyens pour ce type de structure contrarie notre démarche, nous devons proposer un nouveau fonctionnement Politique plus en accord avec nos principes démocratiques.

Il faut remettre l’Homme au cœur du débat, l’écouter, l’aider à se former à la citoyenneté pour qu’il puisse simplement participer à l’élaboration des politiques publiques : elles ne doivent plus résulter de petites cuisines de sachants, privilégiant leur intérêt à la défense du bien commun.

Le paradigme doit changer et nous devons y travailler malgré les difficultés et les obstacles. »