Muriel Huet : Mon arrivée à Résistons!

6 Mai 2020 | Non classé

Comment suis-je arrivée à Résistons! ? Tout simplement par une rencontre avec Jean Lassalle ! Immédiatement, j’ai été profondément touchée par le côté authentiquent humain qui émane de sa personne.

C’était en novembre 2013, lors d’une des dernières étapes de sa longue marche à pied de 6000 km à la rencontre des Français. Alors membre du Modem, j’ai été conviée au dîner qui avait été organisé pour l’accueillir à Vernon, aux confins de la Normandie, en lisière de l’Ile-de-France. Cette soirée est encore gravée dans ma mémoire. J’ai été impressionnée par la manière à la fois ferme et amicale avec laquelle il a invité chaque convive à s’exprimer – l’un après l’autre, en suivant – et, comment il a incité les moins hardis à dire ce qui leur tenait à coeur. Nous étions tous invités à l’accompagner dès le lendemain et, surtout, à faire les derniers pas de son retour à Paris, de la place de la Concorde à l’Assemblée nationale, le 14 décembre 2013. J’y étais, bien sûr, et… je le suis toujours !

A l’occasion de cette marche, Jean Lassalle avait proposé aux Français d’écrire leurs doléances sur un blog créé pour la circonstance : « Les Cahiers de l’Espoir ».  J’ai plusieurs fois réuni des amis pour que nous réfléchissions ensemble sur divers sujets comme l’éducation, le chômage, les institutions, … afin d’apporter notre contribution à la quête de Jean Lassalle. Doléances et propositions ont fait l’objet d’un rapport organisé par thèmes, intitulé « La Marche » http://resistons-france.fr/wp-content/uploads/2017/06/La-Marche_Rapport-de-J.-Lassalle.pdf. Ce rapport a été remis au président Hollande et aux plus hautes autorités de l’Etat – qui, hélas, n’en ont tenu aucun compte !

Embarquée dans cette aventure, c’est tout naturellement que j’ai adhéré à l’association créée par Jean Lassalle, « La Marche citoyenne » et que, lorsque qu’il me l’a demandé, j’ai travaillé au sein d’une commission chargée de réfléchir et de faire des propositions sur « la politique comme bien commun ». J’ai été notamment chargée de questions relatives à la justice et à la pauvreté. Je me suis particulièrement intéressée au revenu de base universel, idée à laquelle Jean Lassalle a bien voulu prêter une oreille attentive. Son sentiment était toutefois que les Français n’étaient pas prêts à une telle révolution !

C’est alors que sa candidature à la présidence de la République m’a catapultée sur les routes du département de l’Eure et de tous autres traversés occasionnellement, à la rencontre des maires qu’il fallait convaincre d’accorder leur parrainage. Lorsque je n’avais pas de rendez-vous, je déposais le dernier courrier du candidat à leur intention et tentais un entretien téléphonique, pas toujours facile à obtenir non plus. Un sport auquel je n’étais pas préparée… mais, chemin faisant, j’ai découvert la beauté de nos campagnes reculées, des villages au charme indéfinissable, hélas terriblement désertés. Le temps des promesses étant achevé, c’est au QG que j’ai atterri pour le marathon consistant à rappeler les maires afin qu’ils concrétisent officiellement leur engagement. Quelques semaines plus tard, retour sur les routes pour distribuer des tracts, coller les affiches manquantes, recoller celles qui ont été abimées, … une étape plus joyeuse à laquelle j’ai fait participer quelques amies !

Quand, enfin, je m’apprêtais à profiter plus paisiblement de ma retraite, Jean Lassalle, de plus en plus sollicité par des parents dont les enfants avaient été placés en foyer ou en famille d’accueil, m’a demandé de me pencher sur ce problème, je n’ai pas eu le coeur de refuser. Eh bien, si vous n’avez aucune idée de ce que peut être la violence institutionnelle, renseignez-vous sur la manière dont certains enfants sont enlevés à des parents aimants et bienveillants et les motifs qui mènent à ces placements. A cette maman, on reproche d’être « trop fusionnelle » avec ses enfants, l’un de 3 ans, l’autre de quelques mois ! Ce motif, comme celui de la « séparation parentale », est fréquemment invoqué dans les jugements, sans qu’il y ait une réelle situation de danger. Souvent aussi, on place parce qu’il y a « des suspicions » de défaillances ou de maltraitance et ce n’est que des mois, voire des années et des kilomètres d’attestations médicales plus tard, que l’ASE (Aide sociale à l’enfance) finit par admettre que l’enfant est atteint de troubles autistiques ou de la maladie d’Ehlers-Danlos, par exemple. On (le plus souvent l’école) signale de plus en plus, donc on place de plus en plus et, il y a dix ans déjà, l’inspecteur général de l’ IGAS considérait que plus de la moitié des placements étaient injustifiés. Cela représente plus de 80 000 enfants en foyers ou familles d’accueil. Et aujourd’hui, en période d’urgence sanitaire, alors que les effectifs professionnels sont réduits et que la vie dans les foyers présente des risques supplémentaires pour ces enfants, c’est une prolongation des mesures en cours qui est ordonnée. L’amendement proposé par Jean Lassalle ayant été malheureusement rejeté, nous espérons encore la levée provisoire de certaines mesures de placement, ainsi qu’il l’a demandé dans une lettre écrite remise en mains propres au Premier Ministre, pour que les enfants qui ne sont pas (ou plus) en situation de danger puissent rentrer dans leur famille.

Quand on sait la violence qui règne dans la plupart des foyers, la grande souffrance de ces enfants est insupportable. Et ce n’est plus un secret depuis au moins deux émissions télévisées passées aux heures de grande écoute… dans l’indifférence la plus terrible !

C’est pourquoi cette phrase de Jean Lassalle me trotte souvent dans la tête : « J’invite chacun à faire ce qu’il pourra, ce qu’il osera, pour m’aider à vaincre l’indifférence du monde qui nous entoure ».

 

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