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LE SCAN POLITIQUE – L’ancien compagnon de route de François Bayrou a annoncé jeudi soir sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. Il se présentera aussi aux européennes de mai prochain comme tête de liste.

Il a beau claudiquer, Jean Lassalle repart en campagne. Le pied dans le plâtre depuis qu’il s’est blessé en tondant sa pelouse en août dernier, l’ancien candidat à la présidentielle est arrivé avec des béquilles, ce jeudi soir, devant une cinquantaine d’étudiants de Sciences Po. Mais avec le sourire, ravi des applaudissements, des «Lassalle président!» et de l’attroupement créé par sa venue Rue Saint-Guillaume, à Paris, à l’invitation d’une association étudiante, Des Territoires aux Grandes Écoles.

Enhardi par ces preuves d’affection, le député pyrénéen a réservé une surprise aux étudiants amassés sur un trottoir pour l’écouter, faute de place dans le bar réservé pour l’occasion. Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, selon La Péniche , le journal des élèves de l’école. Pas d’annonce solennelle au 20 heures de TF1 pour l’ancien berger. Mais une simple réponse à la question d’un étudiant. Suivie d’une pinte de bière, d’une Marseillaise et d’un Aqueros mountanos, ce chant béarnais qu’il avait entonné devant un Nicolas Sarkozy sidéré, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, en 2003.

«Au service de ceux qui n’ont jamais la parole»

«Oui, je veux être candidat à la présidentielle, parce qu’il faut que d’autres voix se lèvent», confirme l’élu au Figaro. «Je veux être une voix au service du peuple, de ceux qui n’ont jamais la parole. Il faut apporter des messages de combat, de résistance, parler davantage au cœur des gens, dans un pays qui se fracture. Et ça, je me crois capable de le faire.»

«J’avais un vrai projet en 2017, mais j’ai assisté à mon propre assassinat politique.»

Jean Lassalle

Sa première candidature, l’année dernière, n’était donc qu’un tour de chauffe. «J’avais un vrai projet en 2017, mais j’ai assisté à mon propre assassinat politique», déplore-t-il. «Je me suis fait ridiculiser par toutes les mises en scène qu’on a faites de moi.» Ce qui ne l’avait pas empêché de défendre un programme axé sur la défense de la ruralité. Et de devancer les autres «petits candidats» en recueillant au premier tour 1,21% des voix, soit 434.000 suffrages – avec un pic à 5,6% des voix en Corse, où il avait déclaré souscrire aux revendications nationalistes, à la veille du premier tour.

500.000 euros à trouver pour les européennes

Mais pour l’heure, le député non-inscrit s’attelle à la préparation des élections européennes de mai prochain. Il a annoncé en mai dernier à Valeurs Actuelles vouloir prendre la tête de la liste de son parti, Résistons!. Son entourage l’assure: les 79 noms ne seront pas difficiles à trouver pour partir en campagne. «On a trop de personnes qui veulent rejoindre la liste, donc on va devoir faire du tri», indique l’un de ses proches. Le plus ardu sera de réunir 500.000 euros pour les déplacements de campagne et l’impression de professions de foi, affiches et bulletins. «L’objectif, c’est d’abord l’argent. Pourquoi en faut-il autant pour s’exprimer dans un pays qui revendique le plus la démocratie?», s’insurge Jean Lassalle.

La future tête de liste ne proposera ni une «Europe fédérale», ni un «Frexit». Plutôt «une autre Europe, efficace et respectueuse des peuples», contre la «dictature de la finance spéculative» et pour une «réponse humaine et humaniste à la question des migrants», selon son entourage. Le dernier sondage Odoxa Dentsu Consulting, pour Le Figaro et France Info, le crédite de 1% des intentions de vote, mais Jean Lassalle espère «entre 5 et 7% des voix». Ce qui lui permettrait d’obtenir un remboursement de ses frais de campagne – à partir de 3% – et quelques élus – à partir de 5% des voix. Le député compte sur la réunion de rentrée de Résistons!, les 29 et 30 septembre à l’Hôtel de l’Industrie, à Paris, pour préparer la bataille à venir. Une «petite centaine» de militants sont attendus.

Loris Boichot
Journaliste Figaro