Jean Lassalle enfile un gilet jaune à l’Assemblée nationale

Jean Lassalle enfile un gilet jaune à l’Assemblée nationale

Publié le . Mis à jour par https://www.sudouest.fr .

Le député des Pyrénées-Atlantiques a affiché son soutien aux Gilets jaunes actuellement mobilisés en France. 

Agitation ce mercredi après-midi à l’Assemblée nationale, après que Jean Lassalle a enfilé un gilet jaune, en soutien aux manifestants mobilisés depuis samedi en France contre la hausse des taxes sur le carburant. En plein hémicycle et alors que Christophe Castaner répondait à une question, le député des Pyrénées-Atlantiques a revêtu le vêtement symbolique, avant de se murer dans le silence, sous les applaudissements de Gilbert Collard et les députés FN. Les demandes répétées du président de l’Assemblée Richard Ferrand à retirer le gilet sont restées vaines, contraignant ce dernier à suspendre pendant un moment la séance.

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« Allez manifester en dehors de cet hémicycle », a ordonné Richard Ferrand.

« Monsieur Lassalle, ce rappel au règlement sera inscrit au procès verbal et vous en subirez les conséquences. »

Depuis le 20 décembre dernier, un texte a en effet été voté indiquant que la tenue des députés dans l’Assemblée ne pouvait plus être « prétexte à la manifestation de l’expression d’une opinion ». Le député François Ruffin, habitué des démonstrations retentissantes, en a déjà fait les frais : après un rappel à l’ordre pour sa tenue « non réglementaire », il a été contraint de verser 1.378 euros de pénalités, soit le quart de son indemnité parlementaire mensuelle.

À la suspension, l’ex-candidat à la présidentielle a retiré son gilet et l’a remisé dans sa sacoche. 

À la reprise, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a repris la parole :

« Monsieur Lassalle sait par expérience que si le ridicule ne tue pas, je pense aux deux personnes qui sont mortes depuis samedi, je pense aux 584 blessés, je pense aux 110 policiers et gendarmes qui pour garantir la protection du droit fondamental de manifester se sont retrouvés blessés »,

Jean Lassalle s’est levé pour protester vivement. 

Mercredi, sur RTL, le candidat malheureux à la présidentielle de 2017 a estimé que « la seule chose qu’il (faille), c’est assumer l’acte que l’on pose ». 

« De toute façon, ils ne peuvent pas avoir – pour moi – plus de déconsidération et d’irrespect qu’ils n’en ont », a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques, en indiquant qu’il n’avait pas l’intention pour autant de porter à nouveau un gilet jaune dans l’Hémicycle. 

« Ce mouvement est profond, il y a la taxe, il y a aussi tout le mal-être, tout le mal-vivre de millions de compatriotes et qui n’ont plus aucune confiance dans une classe politique française qui est devenue un théâtre d’ombres »

 

Ours : Jean Lassalle « se paye » à nouveau le préfet

Ours : Jean Lassalle « se paye » à nouveau le préfet

Par Jean-Marc Faure, publié le , modifié sur https://www.sudouest.fr

Le député (Résistons) Lassalle se dit indigné des propos du préfet au sujet d’un poulain mort.

Jean Lassalle, député de la montagne béarnaise n’a visiblement pas apprécié les conclusions données par la préfecture qui dédouane l’ours d’une quelconque responsabilité dans l’attaque d’un poulain retrouvé mort à Etsaut le 6 octobre.

« Des investigations ont été menées, qui ont conclu au fait que l’ours n’avait rien à voir avec cette attaque », indiquaient le 10 octobre les services préfectoraux. Ils précisaient que « ces affirmations sont corroborées par le suivi géolocalisé de l’ours, qui prouve que l’animal n’est pas du tout passé dans cette zone ».

 

« Trop, c’est trop »

« Vos propos M. le Préfet m’ont profondément indigné », régit ce samedi le député montagnard. « Après nous avoir trahis avec le concours des hélicoptères de la force publique, voilà que maintenant vous entreprenez de nous ridiculiser. Trop c’est trop. Pensez-vous un seul instant que l’attitude qui a été la vôtre à notre égard depuis un an soit de nature à vous qualifier pour banaliser la mort de ce malheureux poulain ? »

Pour Jean Lassalle, « il est difficile d’être crédible en affirmant que le GPS équipant l’ourse attestait que cette dernière était par bonheur passée sur les lieux du crime quelques heures après les faits tandis que la dépouille du malheureux poulain était retrouvée repliée comme seul sait le faire l’ours ». « Une fois de plus, poursuit Jean Lassalle, le berger, comme celui qui a vu sa brebis attaquée par le vautour, voit sa parole disqualifiée et lui-même réduit au rôle d’idiot nécessaire à la circonstance ».

Le député se fait tranchant en poursuivant sa vindicte :  » Quant à vos considérations sur des soi-disant battues qui ne l’étaient pas tout en l’étant un petit peu sans l’être, elles pourraient prêter à rire. Le problème c’est que vous vous sentiez obligé d’y intégrer l’honnêteté et la crédibilité des gendarmes après avoir tenté une fois encore, une fois de trop, d’intimider nos maires tout en intensifiant votre processus de division. »

« Bienvenue aux fauves »

Pour lui, l’attitude du préfet n’est vraiment pas celle que l’on serait en droit d’attendre d’un préfet de la République: « Plus besoin de sauver la perception de Bedous (neuve et ayant coûté près de 400 000 euros) comme vous l’aviez affirmé, maintenant que le forfait des ours est accompli. Plus besoin de feindre l’écoute et la compréhension face aux manifestations, qu’elles concernent les ours ou les camions qui tombent dans le gave et le polluent. Vous n’avez plus à vous fatiguer non plus quant à votre incessante action pour sauver les bergers de la violence et de la cruauté du loup hybride. Il reviendra le moment venu.
Votre choix est clair. Bienvenue aux fauves. Adieu aux bergers. Message reçu ».

Et de conclure sa lettre; « Epargnez-nous la suffisance et l’ironie de votre nouveau seigneur et maître, Monsieur Macron. M. le Préfet, j’ai perdu définitivement, comme tant d’autres hélas, toute confiance en vous. »

Quatre ans avant 2022, Jean Lassalle déjà candidat à l’Élysée

Par  Mis à jour Publié

LE SCAN POLITIQUE – L’ancien compagnon de route de François Bayrou a annoncé jeudi soir sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. Il se présentera aussi aux européennes de mai prochain comme tête de liste.

Il a beau claudiquer, Jean Lassalle repart en campagne. Le pied dans le plâtre depuis qu’il s’est blessé en tondant sa pelouse en août dernier, l’ancien candidat à la présidentielle est arrivé avec des béquilles, ce jeudi soir, devant une cinquantaine d’étudiants de Sciences Po. Mais avec le sourire, ravi des applaudissements, des «Lassalle président!» et de l’attroupement créé par sa venue Rue Saint-Guillaume, à Paris, à l’invitation d’une association étudiante, Des Territoires aux Grandes Écoles.

Enhardi par ces preuves d’affection, le député pyrénéen a réservé une surprise aux étudiants amassés sur un trottoir pour l’écouter, faute de place dans le bar réservé pour l’occasion. Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, selon La Péniche , le journal des élèves de l’école. Pas d’annonce solennelle au 20 heures de TF1 pour l’ancien berger. Mais une simple réponse à la question d’un étudiant. Suivie d’une pinte de bière, d’une Marseillaise et d’un Aqueros mountanos, ce chant béarnais qu’il avait entonné devant un Nicolas Sarkozy sidéré, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, en 2003.

«Au service de ceux qui n’ont jamais la parole»

«Oui, je veux être candidat à la présidentielle, parce qu’il faut que d’autres voix se lèvent», confirme l’élu au Figaro. «Je veux être une voix au service du peuple, de ceux qui n’ont jamais la parole. Il faut apporter des messages de combat, de résistance, parler davantage au cœur des gens, dans un pays qui se fracture. Et ça, je me crois capable de le faire.»

«J’avais un vrai projet en 2017, mais j’ai assisté à mon propre assassinat politique.»

Jean Lassalle

Sa première candidature, l’année dernière, n’était donc qu’un tour de chauffe. «J’avais un vrai projet en 2017, mais j’ai assisté à mon propre assassinat politique», déplore-t-il. «Je me suis fait ridiculiser par toutes les mises en scène qu’on a faites de moi.» Ce qui ne l’avait pas empêché de défendre un programme axé sur la défense de la ruralité. Et de devancer les autres «petits candidats» en recueillant au premier tour 1,21% des voix, soit 434.000 suffrages – avec un pic à 5,6% des voix en Corse, où il avait déclaré souscrire aux revendications nationalistes, à la veille du premier tour.

500.000 euros à trouver pour les européennes

Mais pour l’heure, le député non-inscrit s’attelle à la préparation des élections européennes de mai prochain. Il a annoncé en mai dernier à Valeurs Actuelles vouloir prendre la tête de la liste de son parti, Résistons!. Son entourage l’assure: les 79 noms ne seront pas difficiles à trouver pour partir en campagne. «On a trop de personnes qui veulent rejoindre la liste, donc on va devoir faire du tri», indique l’un de ses proches. Le plus ardu sera de réunir 500.000 euros pour les déplacements de campagne et l’impression de professions de foi, affiches et bulletins. «L’objectif, c’est d’abord l’argent. Pourquoi en faut-il autant pour s’exprimer dans un pays qui revendique le plus la démocratie?», s’insurge Jean Lassalle.

La future tête de liste ne proposera ni une «Europe fédérale», ni un «Frexit». Plutôt «une autre Europe, efficace et respectueuse des peuples», contre la «dictature de la finance spéculative» et pour une «réponse humaine et humaniste à la question des migrants», selon son entourage. Le dernier sondage Odoxa Dentsu Consulting, pour Le Figaro et France Info, le crédite de 1% des intentions de vote, mais Jean Lassalle espère «entre 5 et 7% des voix». Ce qui lui permettrait d’obtenir un remboursement de ses frais de campagne – à partir de 3% – et quelques élus – à partir de 5% des voix. Le député compte sur la réunion de rentrée de Résistons!, les 29 et 30 septembre à l’Hôtel de l’Industrie, à Paris, pour préparer la bataille à venir. Une «petite centaine» de militants sont attendus.

Loris Boichot
Journaliste Figaro